Autrefois, quand Parisiens et Nordistes descendaient en vacances en direction du sud et du soleil, selon leur destination finale, le choix 7 ou 6 s'offrait à eux :
     - Route Nationale 7 affrontait le Massif du MORVAN par l'ouest et NEVERS,
     - Route Nationale 6 s'attaquait à son relief par l'est et SAULIEU. 
Réparer, restaurer, loger les automobiles, les vacanciers, les camions et les professionnels de la route généra toute une "économie de Route Nationale". 
Aujourd'hui considérablement augmentés, les flux de véhicules divers détournés des routes nationales se répartissent sur les autoroutes A71, A77, A6 et A5.

En grande partie délaissées, RN7 et RN6 ne ressemblent plus qu'à des chapelets mortuaires défraîchis de stations-service, restaurants, hôtels, stations- service,  restaurants... pour la plupart fermés, voire abandonnés.

 

Pompon - j

 Devant l'Hôtel-restaurant "La Côte d'Or"

 

Installés en 1930 à ROANNE sur la RN7, et en 1932 à SAULIEU sur la RN6, des chefs cuisiniers étoilés par un fabricant de pneumatiques également dessinateur de cartes routières, demeurent des adresses gastronomiques renommées de succession en succession. 
Au milieu du chapelet mortuaire, résistent donc çà et là quelques floraisons magnifiques. 

A SAULIEU, rive gauche de la RN6, grand restaurant "La Côte d'Or" et belles voitures ; rive droite, le coeur de la petite ville dont le musée a pris le nom du "naïf, génial sculpteur de petits oiseaux" François POMPON (1855 - 1933). 

 

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Regards croisés
L'Ours de François POMPON - La Baleine d'Olivier COURTY
SAULIEU (21)

 

Le Musée Pompon offre chaque année l'occasion d'admirer, de comparer, de réfléchir et pourquoi pas de s'émouvoir, en croisant le regard que portait sur le monde animal le sculpteur local François POMPON, avec celui que porte aujourd'hui un artiste contemporain.

En 2017, Richard ORLINSKI (né en 1966) était invité : 

 

Animaliers - Prise au vent

Passer la porte du Musée François POMPON enchante le curieux puisque dans des salles voisines sont rassemblées quelques dizaines de pièces de ces deux interprétations du monde animal. Se complètent-elles... s'opposent-elles... ? Avant d'être invité par le Musée à exposer à SAULIEU, Richard ORLINSKI ne connaissait pas François POMPON.

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Promenons-nous en 2018 dans SAULIEU, sur la piste des oeuvres d'Olivier COURTY (né en 1982) ici exposées jusque fin octobre : 

 

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Échelles similaires, tout comme l'Ours de POMPON, la Baleine de COURTY en bordure de RN6 impressionne par sa taille et sa posture dressée. La cohabitation est plausible, et possible combien d'années encore ? A SAULIEU pour quelques mois, on pourrait juste regretter que la Baleine n'ait pas pu être installée jaillissant du petit bassin voisin, et l'Ours tout simplement retourné.

 

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Cette invasion pacifique et monumentale de faune sauvage à laquelle nous assistons chaque année préfigure-t-elle un monde stérile où on ne lui accorderait plus d'autre place que... "collectionnée" dans les parcs animaliers d'oasis urbains climatisés ?!
A moins que l'invasion ne soit plus menaçante qu'on l'imagine...

 

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Dans les rues d'une grande métropole, les animaux d'Olivier COURTY aspergés de couleurs criardes s'échapperaient des murs tagués et s'y réfugieraient camouflés, alors qu'ici à SAULIEU, dans une province toujours verte, probablement sont-ils plus voyants et plus attirés par le petit commerce de bouche !

 

Pompon - g

    

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Le regard des animaux d'Olivier COURTY est expressif, et l'humain avec son anthropomorphisme habituel, peut y lire de la colère chez certains, de l'agressivité chez d'autres, mais surtout tristesse et résignation pour la plupart. 

 

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A côté de la mise en scène d'une demi-douzaine d'oeuvres monumentales dans les rues de la bourgade, les salles du Musée abritent d'autres pièces de plus ou moins grande taille voisinant avec leurs aînées, sorties des mains de François POMPON.

 

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François POMPON taille tous les volumes de l'animal depuis la pointe du museau jusqu'au bout de la queue pour mieux en suggérer les mouvements, alors qu'Olivier COURTY ne conserve qu'une partie significative du corps. Le sculpteur contemporain trouve là une autre solution que son prédecesseur pour exprimer l'essentiel, l'indispensable. Si ses animaux ne sont pas corporellement complets, ils n'en sont pas pour autant mutilés de leurs mouvements et attitudes.

 

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L'essentiel, l'indispensable,... l'urgent est de nos jours sans doute ailleurs.
Dans l'espace commun entre Musée Pompon et Basilique Saint-Andoche, posture menaçante de mâle dominant oubliée et boîte de burger ouverte sur un cri désespéré en forme de hashtag, un Gorille résigné se voit contraint à une poignante mendicité.   

 

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Plusieurs animaux d'Olivier COURTY portent des chiffres dans les reliefs de leur peau, dans l'épaisseur de leur pelage, les plis de leur robe, les longs poils de leur crinière, ou le tuilage d'un plumage.
Cumulent-ils symboliquement les tatouages matricules de tous leurs congénères séquestrés ?

 

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10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1, partez !  

Le compte-à-rebours des espèces se rapproche...

de l'extinction.

 

 © F6
octobre 2018

 

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Pour connaitre un peu mieux François POMPON :

Le petit homme et le grand animal (3/4) - Prise au vent

Régulièrement Mamie emmenait l'enfant en courses à la coop des pététés dans l'arrière-cour de la Poste, parfois dans les grands magasins, Les Modernes ou Le Pauvre Diable. En chemin traversant la ville, à l'aller ou au retour, à chaque fois on s'arrêtait un moment au jardin public.

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2019 - Saône de Stahl... mais chuuuutttt !