Sur les quais du bassin terminant le Canal de Bourgogne se trouvent les ateliers.
Peu de monde, guère plus d'une vingtaine de personnes semble s'affairer ici. Des moteurs éventrés montés sur établis suintent d'huile, d'autres gisent lavés, séchés par la pluie le vent et le soleil ; là, on meule et soude des pièces mystérieuses ; ailleurs, de longues péniches en cale-sèche mises à nu révèlent leurs dessous piqués, rouillés, cabossés. L'étendue des services proposés va de la simple réparation ou de l'élémentaire nettoyage, à la déconstruction/reconstruction complète de péniches anciennes, en passant par la préparation à la mise à flots de bateaux neufs. 

 

Port St Jean de Losne - 8

1- Loup de mer

 

Port St Jean de Losne - 9

2- Serpent de mer

 

Port St Jean de Losne - 10

 3- Echouage en mer de mûres

 

Port St Jean de Losne - 11

4- Unité d'âge, contraste des matériaux - vieille moustache

 

Port St Jean de Losne - 12

5- Proue de péniche en attente

 

Port St Jean de Losne - 13

 6- Poupe de la même péniche

 

Port St Jean de Losne - 14

7- Cale sèche

 

Port St Jean de Losne - 15

 8- Bord à bord

 

Port St Jean de Losne - 16

9- Dernière écluse du Canal de Bourgogne

 

Port St Jean de Losne - 17

 10- Aprés l'écluse, confluent Canal de Bourgogne / Rivière Saône à SAINT-JEAN-DE-LOSNE
Accès à la Gare d'eau à gauche

 

Quelle belle idée était-ce que de voir la Saône navigable devenir maillon central d'accès à la Mer Méditerranée, l'Océan Atlantique, la Manche et la Mer du Nord !

Dès le tout début du XVIIème siècle la liaison Méditerranée / Atlantique et Manche est envisagée, mais les études de choix de tracés, et les solutions techniques de franchissement des passages délicats prennent du temps. Ce n'est que fin XVIIIème siècle que les travaux commencèrent, financés en totalité pour l'un, à moitié pour l'autre par le Parlement de Bourgogne.

L'un, le Canal du Centre ou Canal du Charolais, reliant la Saône à la Loire de CHALON-SUR-SAÔNE à DIGOIN en passant par CHAGNY, est construit en 11 années de 1782 à 1793. Il se rendra utile en transportant le charbon de MONTCEAU-LES-MINES, la terre et les tuiles de CHAGNY ainsi que divers matériaux de construction.

Le second, Canal de Bourgogne reliant la Saône à la Seine par l'Yonne depuis SAINT-JEAN-DE-LOSNE jusqu'à MIGENNES, sera bien plus compliqué à réaliser et sa construction demandera plus de 50 années de 1775 à 1832. Considéré à la fois comme une prouesse technique et un échec économique, son exploitation aura tout de même permis le transport de charbon des mines d'EPINAC, de ciment de CRUGEY, de bois du MORVAN, et de céréales vers les minoteries.

 

 

rica-bourgogne_st-jean-dl

11- Années 1950, de haut en bas : ligne droite du canal de Bourgogne
bassin terminal des ateliers
écluse d'arrivée à la Saône 
à droite, entrée de la "Gare d'eau"

 

Le gabarrit trop modeste des ces voies interdit l'accès aux plus gros bateaux navigant sur la Loire et la Saône. L'alimentation en eau en quantité suffisante durant la période estivale n'est pas garantie chaque année. Dès la mise en service, ces deux canaux se sont trouvés en concurence avec les lignes de chemin de fer d'abord, les autoroutes ensuite, moyens de transport bien plus rapides. Toutes ces raisons ont conduit à l'abandon de l'activité commerciale, dès 1970 pour le Canal de Bourgogne, un peu plus tard à la fermeture définitive de l'activité minière de MONTCEAU-LES-MINES en 2000 concernant celui du Centre.

Prévus canaux "des deux mers", l'un et l'autre de ces grands ouvrages auront essentiellement servi au transport régional, avant leur lente reconversion au tourisme fluvial.

 

 

© F6
octobre 2017